Djaffar Bek, Abdelkader Cherrouk

Né à la Casbah d’Alger en 1927, Djaffar Bek, Abdelkader Cherrouk de son vrai nom, comédien chansonnier et humoriste, a commencé sa carrière à la fin des années 1950. Il a écrit et joué plusieurs sketchs et composé nombre de chansons comiques, affichant son éternelle conviction que le rire était un « moyen efficace d’éducation à la citoyenneté ». Jeune scout musulman, puis infirmier dans les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), le défunt soignait les blessés parmi les Moudjahidine, avant d’intégrer à la fin des années 1950 la troupe artistique du Front de libération nationale dirigée par Mustapha Kateb. Avec la troupe du FLN, Djaffar Bek avait d’abord incarné des rôles dramatiques dans des pièces de théâtre dédiées à la lutte pour l’indépendance, « Les enfants de novembre » et « El Khalidoun » (les éternels) notamment, avant de rejoindre la Radio et la Télévision nationales le 28 octobre 1962. Interprète de plusieurs de ses sketchs, à l’instar de « El Birokratiya » (la bureaucratie), le défunt a également créé des émissions radiophoniques et télévisuelles dont « El Bachacha » (gaîté et sourire) et « Minkoum wa Ilaykoum ». Parmi les nombreuses chansons à son actif, « Hayya ya De Gaulle », « Eddinaha », « Ya djelloul Er’Rock’n’Roll », « Alif el Ba et’Ta », « Maskine Elli makrach », « Sid Ech’Cheikh », « Ana Mellit », et bien d’autres encore.
Djaffar Bek sera inhumé cet après midi à Alger, au cimetière de Oued Rommane. Zoubir Abdelatif, un ancien de la Radio algérienne s’est dit très affecté par la disparition de son ami et mentor qui l’avait « généreusement » accompagné lors de ses débuts à la radio. Le président du Conseil national des arts et des lettres, Abdelkader Bendameche, a regretté la perte d’un artiste « prestigieux » dont le nom renvoie à la chanson humoristique et sociale, qui avait « spontanément intégré à la troupe artistique du Front de libération national jusqu’en 1962″.
Peiné de voir des monuments de la culture algérienne disparaître les uns après les autres, le chanteur Hamidou a salué la mémoire de celui qui a « appris beaucoup de choses à toute une génération de jeunes artistes » et un « précurseur » ayant introduit le Rock’n’roll et le jazz dans les foyers algériens, dit-il. De son côté, le musicien et compositeur Mustapha Sahnoun, qui avait composé la quasi totalité des oeuvres de Djaffar Bek, a déploré la disparition d’un artiste exceptionnel de la trempe de grands humoristes dans le monde. De l’avis de plusieurs de ses compagnons présents à l’enterrement, Djaffar Bek mériterait de voir ses œuvres et sa carrière réunis dans un documentaire. Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui a assisté aux funérailles de l’artiste, a regretté dans un message la perte d’un « artiste modeste » au parcours « riche » en œuvres qui ont servi la culture algérienne.

 Abderrahmane (l’Inspecteur Tahar)                                                           

Hadj Abderrahmane (en arabe حاج عبد الرّحمان) est un acteur algérien, né à Télémly (Alger) le  et mort le 1 à Paris2. Il est aussi surnommé l’Inspecteur Tahar (en arabe المفتّش الطّاهر), du nom du personnage qu’il a incarné régulièrement au cinéma dans les années 1960-70 et qui l’a rendu célèbre.

La famille de Hadj Abderrahmane est originaire de Tahir, dans la wilaya de Jijel. Il passe une enfance et une adolescence très difficile à El Harrach.

Hadj Abderrahmane entre à la RTA dès l’indépendance de l’Algérie. Il est d’abord opérateur technique et caméraman, avant de se lancer dans les aventures de l’inspecteur Tahar, personnage moyen à la naïveté vicieuse, qu’il incarne dans plusieurs films.

Héritier de Rachid Ksentini, de Mohamed Touri ou de Don Quichotteplein de ressources et d’audace[non neutre], Hadj Abderrahmane fait du théâtre avec Allel El Mouhib qui est son professeur. C’est ainsi qu’il joue le moine dans la pièce Monserrat d’Emmanuel Roblès. Il incarne aussi le curé dans les Fusils de la mère Carare. Sa vie sociale, son enfance, sa nature, ses sentiments les plus profonds le portent sur le drame mais le public en décide autrement et l’oriente, bon gré mal gré[non neutre], vers le « comique corrosif ».

C’est ainsi que ses aventures avec son complice Yahia Benmabrouk (alias l’Apprenti), du Théâtre national algérien (TNA), commencent en 1967 avec L’Inspecteur mène l’enquête réalisé par Moussa Haddad, avec lequel il fait longtemps tandem.

Avec ses sketches, il sillonne l’Algérie sans compter les directs à la télévision. Avec ses encoignures conservatrices, le personnage de l’inspecteur Tahar est très moderne et collé aux réalités sociales.

Il s’apprête à tourner dans Le Cadavre du domaine quand il meurt soudainement le  à Paris.

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